
Nous avons considéré pendant de nombreuses années qu’il y avait des idées, des attitudes, des valeurs de droite ou de gauche, qu’il y avait d’un coté le bien et de l’autre le mal, chacun estimant bien sûr être le bon coté des choses. Réduire la vie politique et toute la pensée d’une société dans ce clivage ne pouvait que se retourner contre nous en déformant la réalité, en inventant des solutions inadaptées, en cachant la vraie nature des problèmes ou en refusant de ne pas les voir, nous en subissons tous les conséquences. Aujourd’hui nous comprenons qu’il y a des bonnes personnes de chaque coté et que ce sont les méthodes, les propositions pertinentes qui sont les véritables solutions à nos soucis. Mais nous sommes entrain de construire un nouveau clivage encore beaucoup plus dangereux. D’un coté les réalistes, il faut changer notre vision des choses, réformer notre société, responsabiliser les citoyens, les faire participer à un objectif commun d’amélioration de notre société, intégrer les enjeux planétaires, être beaucoup plus créatif, donner aux humains la possibilité de mieux se connaitre et de s’accomplir dans des réalisations personnelles bénéfiques à tous… Ces personnes sont conscientes que cela ne se fera pas en quelques mois et qu’il faudra des efforts, du travail et que cela passera inévitablement par des déceptions, des joies, de la satisfaction et surtout du sens pour nos existences. De l’autre coté, les déçus, les envieux, les jaloux, les déprimés, les inactifs, les accusateurs, les insatisfaits qui rendent la société coupable de tout. Ils ne peuvent pas se projeter dans l’avenir pour construire quelque chose car ils veulent tout tout de suite, sans effort, sans une goutte de sueur, sans stratégie pour améliorer une existence qu’il considère comme misérable alors qu’elle ravirait plusieurs milliards d’individus sur terre. Se convaincre que notre société est mauvaise en amplifiant ce qui va mal, chercher sans arrêt des raisons de se plaindre ne permet pas de consacrer son énergie à l’améliorer. Avant de critiquer il faut se demander ce que l’on a concrètement fait pour soi-même; est-ce que notre société doit nous imposer d’une manière autoritaire notre bonheur, notre réussite et surtout le même modèle pour tous ?

