Lettre au Peuple !

De l’Etat au-dessus de ses moyens au citoyen selon ses envies …

Le puits des désirs est sans fond !

Nous avons institutionnalisé la solidarité. Nous redistribuons sans cesse. Nous redistribuons ce que nous n’avons pas. L’Etat s’endette pour cela. Le citoyen, biberonné aux aides, suit l’exemple. Vivre au-dessus de ses moyens est devenu la norme. Le vouloir d’achat a pris le pas sur le pouvoir d’achat…

Ce que l’enfant désire, nous le transformons en besoin et nous le lui accordons. Il est roi.

Ce que le citoyen revendique, nous le transformons en droits et il en fait des « acquis » inamovibles. Il en veut toujours plus ; sans contrepartie. Il est le peuple…

Des jeunes s’opposent au recul de l’âge de départ à la retraite… Est-ce si étonnant ?

Nous élevons nos enfants dans l’idée d’une vie lisse et linéaire. Une vie dont la difficulté sera bannie, de même que l’erreur, l’échec, la souffrance…

Un cocon sans risque, sans douleur, sans défi, quitte à être sans couleur, sans saveur, sans épanouissement.

Va à l’école ! Leur dit-on. Tu ne manqueras de rien. L’Etat pourvoira.

Fais des études, éventuellement, forme-toi à un métier. Trouve une zone de confort, un emploi pour la vie. N’en change pas !

Installe-toi, deviens propriétaire. Ne bouge plus !

Protège ton poste, même si tu ne t’y plais pas, accroche-toi au CDI. Quoi qu’il arrive, restes-y ! Si tu ne veux pas travailler, invoque ton droit à la cagnardise ; tu seras adoubé…

Fonde une famille et fais de l’épargne, tu pourras laisser un héritage. Un jour, le plus tôt possible, tu feras valoir ton droit à la retraite !

Peu importe qui paie ; profite de la vie, ses plaisirs, les joies et les loisirs. Ne te prive pas. Tu seras soigné et on te nourrira. Tu es le peuple. On te doit !

Sublimation d’un modèle de destin individuel largement financé par la collectivité sans que nous en ayons véritablement conscience. La réalisation de nos destins individuels doit être assumée par l’Etat promu happiness manager et par quelques laborieux qui contribuent encore… De sa naissance à sa mort, la vie du citoyen doit être un long fleuve tranquille. On ne lui enseigne pas que les roses poussent parmi les épines…

« De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins ». Tel est le fondement de notre modèle social. De ceux qui travaillent à ceux qui ont œuvré. Tel est le principe de notre système de retraite. La solidarité entre les générations, modèle altéré de ne pas avoir su s’adapter.

Crise sociale, crise sanitaire, inflation, crise énergétique et autres crises climatiques que nous avons connues ces dernières années, L’Etat a été présent. « Quoi qu’il en coûte »… Il nous aura protégé plus que n’importe quel autre au monde ! En sommes-nous conscients ?

Sommes-nous encore capables d’apprécier, nous Français, notre statut de privilégiés parmi les citoyens de L’OCDE ?

Prenez aux riches pour payer les retraites ! Disent-ils…

Flinguer le système plutôt que de l’ajuster.

« Taxez les patrons » ! Ces patrons qui se détournaient déjà de la France du « Ministère du temps libre », celle de l’idéologie qui a baissé l’âge de la retraite à 60 ans, amorçant le cycle infernal du chômage de masse… Cette idéologie qui a réduit le temps de travail hebdomadaire à 35 heures, finissant d’installer dans les esprits que travailler, c’est mal ! Que travailler, c’est sale !

Ruinons les audacieux ! Otons leur le goût d’entreprendre !

Restons entre pauvres et, ensemble, composons l’ode à la paresse…

Qu’adviendra-t-il quand il n’y aura plus que des droits et personne pour assurer le devoir de les recharger… ?

Quand il n’y aura plus que des loisirs et pas de revenus suffisants pour les financer ?

Quand il n’y aura plus que des pauvres et pas de riches pour que perdure la solidarité… ?

Plus que des chômeurs et pas d’assurance chômage ?

Une génération de retraités juvéniles et pas de pension de retraite ?

Il restera des terres fertiles et plus de laboureurs. Des capricieux allergiques à l’effort livrés à eux-mêmes, sans règle ni limite dans une France zadisée… Des révolutionnaires sans ressource autre qu’une colossale dette à se partager, la faillite du pays et sans doute leurs doigts à se mordre, qui désigneront l’Etat comme coupable de tous leurs malheurs…

L’Etat coupable de ne pas les avoir prévenus… Il l’aura fait, mais ils l’auront contesté !

Coupable de ne pas les avoir protégés… Il l’aura fait, mais ils ne savent plus apprécier !

L’Etat coupable de ne pas avoir empêché l’inéluctable… Il l’aura tenté, mais ils se seront opposés à tout ! Ils auront manifesté contre tout.

L’Etat coupable de ne pas avoir su imposer aux autres nations notre modèle si merveilleux, si essoufflé, si abîmé de ne pas avoir su évoluer ; coupable de son impuissance à franciser le reste du monde !

Les aînés qui ont bénéficié des périodes moins tourmentées n’ont pas à culpabiliser. On ne choisit pas son époque.

Le monde change, les métiers évoluent. Des usines ferment, d’autres les remplacent… Des entreprises délocalisent laissant des chômeurs désemparés, démunis face à un impératif d’adaptation à laquelle notre modèle ne sait pas les préparer : apprendre à apprendre, se former tout au long de la vie. Apprendre à rebondir, sortir d’une zone de confort lorsqu’elle devient inconfortable pour mieux se repositionner…

L’époque que nous vivons a ses avantages et ses désagréments. Elle pourrait être formidable pour nos jeunes si seulement nous cessions de nous lamenter face à sa complexité…

Leur époque pourrait être épanouissante pour eux, si nous leur apprenions à y chercher les opportunités, à les saisir, à les faire leurs au lieu d’en agiter sans cesse les difficultés…

Si nous leur enseignions que l’adaptation est la règle de la vie…

D’Habilis à Sapiens, l’homme a su évoluer en s’adaptant constamment. C’est ainsi.

À la flagornerie de ceux qui font l’apologie de la paresse, la majorité silencieuse républicaine opposera un plaidoyer pour le travail. Parce qu’il n’y a que dans le dictionnaire que Retraite vienne avant Travail, nous disons oui à la retraite à 64 ans.

MLT 24-2-23

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