
La mondialisation a accéléré l’uniformisation du modèle de civilisation humaine sans construire la régulation qui va avec. Chaque citoyen du monde aspire à devenir un consommateurs de biens matériels aux durées de vie de plus en plus éphémères qui remplissent nos poubelles, prennent de plus en plus d’espaces sur les terres agricoles, les lieux de vie et d’expression de la nature car le recyclage est plutôt un habillage de notre bonne conscience pour masquer la cruelle réalité. Le tiers monde est devenu la gigantesque poubelle de nos objets en fin de vie : vêtements, déchets industriels, pharmaceutiques, emballages plastiques, objets existentiels pour être ou avoir… qui débordent dans les fleuves, les mers, les océans, la profondeur des sols, l’atmosphère et se retrouve dans ce que nous mangeons. C’est le cercle vertueux de la consommation… nous sommes de plus en plus nombreux à nous y soumettre puisque nous sommes incapables de gérer la population mondiale et d’inventer un nouveau modèle ou de simplement orienter massivement la science vers la recherche de solutions. Si nous nous comparons au monde animal qui est plus dans un mode contributif qu’impactant pour l’environnement ou la civilisation végétale qui s’adapte aux conditions sans vouloir les changer, nous sommes obligés de reconnaitre que nous avons bien entamés nos possibilités de survie. Bientôt il n’y aura plus de montagnes qui n’auront pas été rabotées, de sol que l’impact humain n’aura pas transformé, les routes nous conduiront partout jusqu’au jour ou elles déboucheront sur des routes parce qu’il n’y aura plus rien à voir sauf des éoliennes des champs de panneaux photovoltaïques, des logements, des usines, des bureaux, des hôpitaux, mais plus de sable parce qu’il sera stocké dans le tout béton. La nature sera totalement artificielle, elle ne sera plus un espace de liberté, de contemplation ou d’existence universelle mais la résultante d’esprits dominants qui ne pourront pas se prévaloir d’une démocratie impossible à obtenir. Nos modèles poussés à l’extrême sont devenus incompatibles avec l’existence, la mondialisation par l’interdépendance des pays et la compétition qu’elle engendre rend plus difficile le changement de modèle ; il n’est pourtant pas impossible en transformant nos mentalités en se réinterrogeant sur la nature de ce que nous sommes, les mécanismes de l’existence, de nos rapports avec l’existant et le non existant qui peut être formulé dans une trajectoire dépassant le cadre humain pour aboutir à son devenir.
