
La France est en train d’écrire son meilleur vaudeville depuis deux siècles avec la réforme des retraites ; elle montre sa passion pour le théâtre, les situations Ubuesques mais elle révèle aussi une grave maladie : l’hypocondrie.
A 64 ans, contrairement à tous nos partenaires Européens, les français seraient usés, hors d’usage, incapables de vivre une retraite paisible après une période de non vie constitué par l’enfer du travail.
Avouez que le scénario débute super fort, Victor Hugo avec les misérables devient un auteur à l’eau de rose.
Les syndicats que l’on entend habituellement jamais pour faire évoluer tout ce qui se rattache à la notion de travail, des rapports nouveaux et nécessaires avec les entreprises ou de simplifier le code du travail ont l’occasion de montrer qu’ils existent en étant opposés à cette réforme.
Ils jouent à font la carte « le gouvernement ne nous a pas écouté », « il a refusé de négocier avec nous ». Il faut noter que certains syndicats ne se sont pas présentés à l’invitation pour exposer leurs propositions car ils avaient choisi stratégiquement le conflit dès le départ.
D’autres ont affirmé préalablement que 64 ans constituerait une ligne rouge infranchissable, poser ses conditions préalablement à une négociation ne constitue pas une négociation ou un compromis prônés par certains syndicats.
Le double jeu de certains représentants responsables est subtilement toxique : « nous respectons les règles, la démocratie même si celle-ci devrait tenir compte de la rue, mais nous ne faisons pas de politique » n’est-ce pas la révolution Bolivarienne sans le dire de la NUPES ou la phagocytation par la CGT ?
Comme toujours les médias n’éclairent rien, ne vont pas au fond des choses, ils se contentent de promouvoir un spectacle qu’ils vont diffuser en continu pendant des semaines à coup de petites phrases, d’indignations, de propos contradictoires superficiels, d’incohérences plus ou moins volontairement incomprises… c’est tellement facile depuis que le prêt à penser est abondamment consommé par les citoyens de notre pays.
Ce qui est étrange de la part de ceux qui ont fait voter la précédente réforme sur les retraites c’est qu’ils s’opposent à ce qu’ils ont proposé hier !
Le gouvernement a sa réforme des retraites ; mais lorsque l’on voit le contenu on est en droit de se demander : tout çà pour aussi peu ! Pourquoi cette tempête dans un verre d’eau, tous les intervenants sont des intermittents du spectacle en mal de boulot ou de reconnaissance !
Le nombre d’annuités de cotisation est le même que dans la réforme Touraine pour la génération 1973, la seule différence c’est 64 ans au lieu de 62 ans mais compte tenu de l’âge de l’entrée dans la vie active tardif (21/23 ans) et l’intégration des carrières longues le différentiel de 2 ans et totalement effacé, pourquoi personne n’en parle ?
Il n’a pas été demandé aux heureux bénéficiaires d’une retraite à 50/57 ans de cotiser plusieurs trimestres de plus pour équilibrer les comptes. La clause du grand père est devenue une nouvelle injustice.
Bien sûr il y a des avancées que les syndicats dans leurs jeux de rôle refusent de voir comme l’augmentation des petites retraites, les carrières longues, la pénibilité, le parcours des femmes… mais il n’y avait pas besoin d’une réforme pour cela, juste un texte que tous le monde aurait accepté.
Pour ce qui est des déficits peut-on dire que la nouvelle réforme apporte satisfaction ? Que nous ne seront pas dans 3 ou 4 ans obligés de remettre cela sur le tapis ?
Toutes ces gesticulations de gamins boutonneux mettent la société française à terre, nous perdons notre temps et notre énergie dans des oppositions ringardes pendant que le monde avance !

