
La campagne est une source d’inspiration car elle nous reconnecte avec la nature et nous remet à notre place dans des interactions que nous ne devrions jamais oublier. La campagne électorale est l’inverse, elle nous permet de déverser le pire de ce qu’il y a en nous, une déformation permanente des attitudes et des propos, un tribunal éphémère de la stupidité, une sorte de concours en propos haineux pour discréditer les candidats à tour de rôle. On comprend que ce climat nauséabond n’encourage pas à aller voter entre deux crises de vomissements ! C’est cautionner la décomposition de notre démocratie, valider les instincts primaires de notre société. Rien n’est rationnel, tout est basé sur les petites phrases, les slogans, les promesses intenables, les sondages qui font force de loi après chaque intervention des candidats comme si les électeurs étaient des girouettes livrées aux vents tourbillonnants. Est-ce que les électeurs s’intéressent, se penchent, analysent finalement les programmes lorsqu’il y en a un qui en est vraiment un? Est-ce que l’on vérifie les chiffres, compare les solutions proposées, analyse les méthodes pour obtenir les résultats, est-ce que l’on valide le temps qu’il faudra, est-ce que l’on privilégie l’immédiat qui favorisera l’insatisfaction de demain ou la patience immédiate qui sera génératrice d’excellence pour les générations futures. Est-on obligé pour faire gagner son favori de traiter les autres comme des ennemis ; l’enjeu d’une élection c’est de choisir le meilleur projet, alors débattons sans a priori du contenu des programmes, ne refaisons pas le match du passé, il n’est pas modifiable. Ayons une vision claire de ce vers quoi nous nous dirigeons et comment nous allons y parvenir. Toutes les interférences politiciennes ne devraient pas être invitées dans la campagne c’est contre nature et contre la nature. C’est le seul moyen de faire voter ceux qui ne veulent pas participer à ce qui est devenu tout sauf une élection sérieuse.
Majorité silencieuse !
